
Constatation actuelle: les traducteurs et interprètes sont indispensables dans la communication entre les peuples ! Ces spécialistes linguistiques sont irremplaçables par les logiciels ou les machines de traduction. Ces instruments de travail sont uniquement des outils d’aide pour le traducteur. Une lecture de révision ou l’interprétation par un linguiste dans sa propre langue maternelle (‘native speaker’ ) est primordiale.
Voici ce que nous avons lu cette semaine dans les journaux à ce sujet:
Problème local…… A Bruxelles, la commune d’ Ixelles fait ces traductions de documents officiels par des logiciels….
La Libre Belgique – 15 mars 2010 : Un problème linguistique est apparu à Ixelles nous apprend la VRT. Les traductions de documents officiels ne sont pas toujours au point. Ce lundi, il est question d’une lettre de Charles Picqué (PS) qui a été traduite dans un néerlandais « incompréhensible ». Bianca Debaets (CD&V), membre du conseil communal à Ixelles, estime que c’est un manque de respect envers les habitants néerlandophones de la commune et que des formations devraient être dispensées.
Le Soir – 16 mars 2010 : Ixelles busée en néerlandais Les médias flamands rient jaune : lundi, ils ont découvert avec effroi une étude démographique de la commune d’Ixelles, destinée au grand public et publiée dans les deux langues. La version néerlandaise est proprement incompréhensible, et certains passages sont cocasses. Comme celui-ci : « Cette version est un outil, et notre souhait est que cet outil vous fasse jouir. » L’échevine CD&V, d’Ixelles Bianca Debaets fulmine : « Soit c’est un logiciel de traduction, soit le traducteur a une connaissance très limitée du néerlandais. C’est inadmissible », a-t-elle dit sur VTM. La conseillère communale va interpeller le bourgmestre, Willy Decourty (PS), qui refuse de s’exprimer face caméra, disent nos confrères flamands. Ils relèvent également cette petite phrase du rapport, qui prend une saveur particulière : “Toute suggestion en vue d’une amélioration est naturellement bienvenue.”
Problème mondial…il y a trop peu d’interprètes ( l’ anglais n’est pas la langue universelle).
Le Monde – 19.03.10 : C’est une menace pour les institutions internationales qui tirent le signal d’alarme : une pénurie d’interprètes s’annonce pour les années qui viennent. “Environ 40 % des 600 fonctionnaires interprètes, toutes langues confondues, embauchés dans les années 1970 partiront à la retraite d’ici à dix ans”, s’inquiète Marc Benedetti, directeur général de la DG interprétariat à la Commission européenne. La concurrence est devenue plus vive avec le privé, “qui recrute beaucoup de ces professionnels”, ajoute Shaaban M. Shaaban, secrétaire général adjoint chargé de la gestion des conférences à l’ONU, pour qui l’ensemble des langues est touché.
Sur le même sujet: les Nations unies emploient 230 interprètes dans six langues (anglais, français, arabe, chinois, espagnol et russe). La moitié d’entre eux travaillent au siège à New York, l’autre moitié se répartissent entre les sites de Genève, Vienne et Nairobi. La Commission européenne prévoit de recruter 200 interprètes de conférence de langue française au cours des dix prochaines années.
Et la tendance est la même pour les langues de plusieurs pays de l’Union comme l’italien, l’allemand, le néerlandais et surtout l’anglais, qui connaît la pénurie la plus grave. D’ores et déjà, Bruxelles doit faire appel à “200 à 300 interprètes free-lance par jour pour assurer 50 à 60 conférences”, dans les 23 langues officielles des 27 Etats membres.
Les écoles, comme les institutions, vont devoir apprendre à séduire, car la profession attire peu, ou pas assez. L’idée selon laquelle l’interprétariat est devenu inutile dans un monde où tout le monde parle – ou doit parler – anglais, a peut-être détourné les jeunes de cette voie…
N’y accède pas non plus qui veut : 30 % seulement des étudiants réussissent les concours d’admission des grandes institutions internationales telles que les Nation unies. “Nous manquons de candidats de qualité”, indique Marie Mériaud-Brischoux, directrice générale de l’Institut supérieur d’interprétation et de traduction (ISIT).
A chacun sa méthode pour attirer les candidats. Bruxelles a choisi de s’adresser aux jeunes, via YouTube et Facebook. L’ONU a signé, début mars, des mémorandums avec 16 écoles dans le monde, dont quatre forment des interprètes de langue française – l’ISIT, l’Ecole supérieure d’interprètes et de traducteurs à Paris, mais aussi les écoles d’interprétariat de Genève en Suisse et de Mons en Belgique. Le dispositif devrait permettre à leurs étudiants de mieux se préparer aux concours de recrutement du personnel linguistique de l’ONU.